The Walking Dead

 

Je dois l’avouer, depuis la fin de Lost l’an dernier, je suis en deuil. Depuis (même avant sa fin en fait) je suis à la recherche d’un remplaçant pour cette série qui fut pour moi la meilleure chose que j’ai vu à la TV (avec Friday Night Lights dont je vous parlerai un autre jour) – si vous n’êtes pas d’accord, pas la peine d’en discuter, vous avez tort.

Je dois avouer que je n’ai pas eu de chance dans mes recherches.

Tout d’abord, dès l’an dernier il y a eu FlashForward qui partait d’une idée géniale (je pèse mes mots) et qui a fait pschitt en se transformant en vague série policière avec un vague soupçon de conspirations et de SF dedans. Bref, un des plus beaux gâchis de la télé de ces dernières années.

Ensuite, il y a eu plus récemment The Event. Premier épisode vraiment prenant, et depuis ? Depuis super bof, trop d’action, trop de “cliffhangers à gros sabots”, trop de flashbacks essayant de mal copier Lost, et je me suis lassé plus rapidement que n’importe quelle autre série que j’ai tenté de regarder sans succès. J’ai dû m’arrêter au 7e ou 8e épisode.

Le reboot de V? Il vaut mieux ne pas en parler, je risquerai de me fâcher.

Et puis, presque par hasard, à l’automne dernier, le joyau est sorti de là où on ne l’attendait pas (comme c’est souvent le cas d’ailleurs), je veux parler de The Walking Dead !

 

 

 

Pour ceux qui ne le savent pas encore, The Walking Dead c’est l’adaptation d’une bande dessinée de Robert Kirkman publiée chez Image Comics. Avant d’aller plus loin, un petit aparté : je suis régulièrement assez surpris que l’on adapte toujours les comics en films et presque jamais en séries télévisés, alors que cela me semble le format “naturel” d’adaptation en œuvre audio-visuelle. Certainement encore un manque de créativité et d’imagination de la part de la plupart des studios. Peut-être que The Walking Dead va créer des émules. Fin de l’aparté.

Et sinon de quoi ça parle ?

Si vous avez la moindre bribe d’anglais en vous, vous vous doutez déjà qu’il y est question de morts qui marchent.

Ce n’est pas une métaphore. Il s’agit bel et bien d’une histoire de zombies !

Non, ne partez pas tout de suite…

Moi non plus je n’aime pas vraiment (voire pas du tout) les films de zombies. À l’exception toutefois de Shaun of the Dead. On ne peut pas ne pas aimer Shaun of the Dead. Par contre, peut-on vraiment le considérer comme un film de zombies ?

Ce qui m’agace le plus dans les films de zombies, c’est qu’en général le concept et la métaphore sont intéressants (enfin surtout quand il s’agit des films de George Romero) : critique de la société de consommation, du capitalisme et j’en passe, mais malheureusement l’intérêt ne va rarement jamais plus loin que la métaphore. Les scénarios sont au mieux très médiocres (oui, j’écris scénarios et pas scenarii, au jour d’aujourd’hui, c’est un mot bel et bien français alors arrêtons avec cette préciosité de vouloir l’écrire à l’italienne, s’il vous plait), les acteurs très souvent nuls – mais à leur décharge difficile de bien jouer des personnages aussi unidimensionnels et auxquels il est impossible de s’attacher –  et le reste du film ne vole en général pas beaucoup plus haut. Bref, les films de zombies partent souvent d’une bonne intention pour presque toujours donner un mauvais film. Dommage.

C’était donc un peu à reculons que j’ai commencé à regarder The Walking Dead.

Et là, blam, la grosse claque !!

Rien à voir avec aucun truc de zombies que j’ai pu voir dans le passé.

La différence ?

Tout d’abord le réalisme de la chose (oui je sais ça fait bizarre de mettre les mots réalisme et zombies ensemble) : tout semble vrai, c’est un monde crédible que l’on nous présente, c’est le vrai monde tout simplement.

L’introduction des zombies ensuite. Justement, on ne la voit pas, et je pense que c’est un élément-clé pour que le spectateur entre totalement dans cet univers. En effet, en temps normal, un film de zombies ça commence comme n’importe quelle journée et soudain les zombies arrivent, plus ou moins sortis de nulle part, et souvent c’est à ce moment-là que je décroche (quoique, bien souvent, je n’étais de toutes façons pas entré dans le film tant cette vie quotidienne et ces personnages que l’on nous présentait étaient inintéressants à la base).

Là, c’est tout le contraire (je spoile les premières minutes, désolé) : on débute sur deux amis, deux flics, qui vivent leur vie quotidienne de flic, parlent de leurs problèmes conjugaux, et ce genre de choses. Oui bon en fait, la toute première scène introduit les zombies, les scènes suivantes étant des sortes de flashbacks (je trouve malheureusement que cette première scène dispensable). Revenons à nos deux flics : une intervention qui tourne mal, l’un des deux se prend une balle qui l’envoie dans le coma.

Un coma dont il sort un beau jour pour découvrir que l’univers qu’il connait n’est plus là, le monde a été complètement dévasté, c’est l’enfer sur Terre.

Par cet effet de narration, il n’est plus question d’amener les zombies aux spectateurs, mais bien d’emmener les spectateurs – qui vont suivre Rick Grimes, le flic – aux zombies, et c’est là que réside toute la différence.

Nous suivons donc Rick dans sa découverte de ce cauchemar éveillé et bien entendu nous rencontrerons d’autres personnages, et c’est là que réside la deuxième force de The Walking Dead : les personnages.

Car, c’est le moment de le reconnaitre, il ne s’agit pas tant d’une série de zombies que d’une série de personnages qui se retrouvent dans un monde nouveau dans lequel il faut s’adapter, rétablir des règles de société, réévaluer la notion même d’humanité.

Il y a même des épisodes où l’on voit à peine les zombies, comme pour nous rappeler qu’ils ne sont pas le thème principal de cette histoire, juste un motif, presque le décor.

Je spoile encore un poil, mais certains spectateurs seront surpris de voir que les morts parmi les humains tarderont à arriver. Là, encore, il ne s’agit pas de massacrer de l’humain juste pour quelques effets de gore (par contre, ne vous inquiétez pas – ou inquiétez-vous selon – du gore il y en aura, énormément, plus que vous n’en avez jamais vu sur un écran de télévision), il s’agit d’établir des personnages, avec une vraie caractérisation, de vraies personnalités, des relations, des tensions entre eux, de sorte que quand les morts arriveront (et croyez-moi, elles arriveront) ce seront des personnages que vous aimerez ou que vous haïrez qui tomberont sous les coups des zombies, pas juste des pantins mal écrits parce que les scénaristes n’ont pas pris le temps de les développer sous prétexte qu’ils allaient bientôt mourir.

De plus, en regardant cette série, j’ai eu la drôle sensation qu’elle me rappelait Lost sous bien des aspects. Bien entendu, les deux sont très différentes, mais de la même manière que Lost ne parlait pas d’une île mystérieuse, mais bien d’un groupe de personnes se retrouvant sur une île mystérieuse (d’où la déception d’un certain nombre de spectateurs qui regardaient pour de mauvaises raisons), The Walking Dead ne parle pas de zombies, mais d’un groupe de personnes se retrouvant au milieu d’un monde peuplé de zombies. Ce qui est très différent. Depuis, ici ou là sur le web, je suis tombé sur des personnes ayant la même sensation, y compris Daniel Dae Kim. À mon avis c’est un bon signe.

D’ailleurs ne vous attendez pas non plus à de grandes révélations cruciales sur les zombies, vous pourriez être déçus. Je pense que cette série est et restera surtout basée sur ses personnages, pas sur les quelques mystères qui planent (comme l’origine des zombies). Je doute que ces derniers soient un jour le cœur d’intrigues majeures, et c’est tant mieux.

Au final, je ne peux que vous la conseiller chaudement sauf si vraiment vous avez trop peur d’avoir peur (j’avoue avoir eu peur plusieurs fois, alors que c’est un sentiment que je n’éprouve que très rarement, surtout en regardant des fictions) en plus, aucune excuse du genre “les séries, il y a trop d’épisodes, ça prend trop de temps à regarder”, la première saison ne compte que six épisodes et la seconde saison n’en fera que 13 (elle sera diffusée à partir de septembre ou octobre.

Un dernier mot sur le fait que je ne parle pas de la BD et ne compare pas les deux. C’est à dessein. Il n’y a rien qui m’agace plus que les comparaisons systématiques entre un médium et l’autre quand nous avons à faire à une adaptation, surtout que oui, c’est différent, c’est toujours différent, il est impossible que cela ne soit pas différent. Et surtout “différent” n’est pas synonyme de “moins bien.” Donc oui, les deux ont des similitudes et des différences, il y a des choses que je préfère dans la série TV, d’autres dans la BD, mais les comparer est un acte vain, et ici je parle de la série et puis c’est tout.

Bref, je crois qu’on a enfin trouvé la série qui remplacera Lost dans nos cœurs (en tout cas dans le mien).

Et vous ne l’avez pas encore vue et que vous voulez vous rattraper avant que la deuxième saison ne démarre, j’ai ce qu’il vous faut :

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(sources photos: AMC)

 

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Gator

Parfois, je suis gentil, parfois, je ne le suis pas.

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