De l’Évolution des Personnages Principaux de la Nouvelle Trilogie de Star Wars, en particulier dans l’Épisode 8 – The Last Jedi

Oui, je sais, c’est un titre pompeux. Shoot me.

Donc, j’ai beaucoup aimé l’épisode VIII de Star Wars, traduit par un drôle de pluriel en français « Les Derniers Jedi. » Pluriel qui sort de je ne sais où puisque Rian Johnson, le scénariste et réalisateur, a confirmé qu’il s’agissait bien d’un singulier, et que ce Dernier Jedi était bien Luke Skywalker, vous savez, celui qui faisait son retour dans l’épisode VI. Pour cette raison (et comme c’est mon habitude de toutes façons) je me cantonnerai donc au titre original, n’en déplaise aux anglophobes. Et puis sérieusement, à votre âge et à notre époque, vous allez encore voir des films doublés ? Non, mais ça va pas ?

Bon, assez de blabla, et venons-en aux faits.

Donc j’ai beaucoup aimé ce film qui pourtant divise le public… Je me demande même s’il serait pas en train de devenir mon film préféré dans la série (je suis allé le voir une deuxième fois hier soir, et le voir à tête reposée, sans être affecté par toutes les surprises qu’il contient, m’a fit l’aimer encore plus. D’ailleurs, même si vous l’avez pas aimé je vous conseille d’aller le revoir, pour les mêmes raisons. Au moins, si vous ne l’aimez toujours pas au deuxième visionnage, vous saurez que ce ne sera pas pour de très mauvaises raisons (cela sera quand même peut-être pour de mauvaises raisons).

Arf, je digresse encore.

 

 

Plus je pense au film – et j’y pense beaucoup ces jours-ci – plus j’y trouve des choses intéressantes. On est vraiment loin de l’entertainment pur avec ce film.

Bref, ce post va bien sûr contenir d’énormes spoilers, cela va sans dire. Il en contient aussi certains provenant des autres films, mais si vous n’avez pas encore vus ces derniers, je présuppose que vous vous en fichez un peu en fait.

J’aurais pu faire une critique du film, mais en fait non. Je vais plutôt faire une série de posts traitant de différents aspects du film. Je ne sais pas combien de posts contiendra cette série, tout dépendra du temps que j’aurai à y consacrer, si ça se trouve, ce sera le seul.

Aujourd’hui, je vais donc vous parler – comme le titre pompeux l’indique – de :

L’évolution des personnages principaux de la nouvelle trilogie de Star Wars, en particulier dans l’Épisode 8 – The Last Jedi.

 

Tout a commencé hier soir quand une amie d’ami a dit beaucoup aimer le film, mais trouver que les personnages n’évoluaient pas beaucoup contrairement à The Force Awakens. Ça m’a beaucoup surpris et donc j’ai essayé de voir comment les personnages principaux évoluaient – ou pas – dans les deux films.

A mon vis dans The Force Awakens, les personnages n’évoluent que peu ou pas. C’est normal, en fait, puisqu’il y est question de réveiller un univers endormi, d’introduire ses nouveaux héros et de réintroduire les anciens.

Voyons dans le détail :

Rey

Elle évolue certes un peu. Elle suit un poil le parcours initiatique « de base » du héros (d’où la ressemblance avec le Luke de l’épisode IV – JJ Abrams n’a pas pompé sur Lucas, tous deux suivent le même schéma narratif de tous les mythes ou presque – damned, j’étais sûr d’avoir écrit un long truc là-dessus il y a deux ans et je ne le retrouve. Lisez donc ceci à la place, tiens) : elle part de rien, et commence un trajet vers quelque chose. On la sent promise à une grande destinée, mais laquelle ? A la fin du film, elle a fait ses « first steps into a larger world » mais ce qui l’intéresse surtout c’est la quête de son identité, et là, elle n’a pas vraiment avancé. Pire, elle avait trouvé un père adoptif en Han Solo, et elle le perd presque aussitôt.

 

Finn

Un déserteur qui veut partir loin, très loin, se faire oublier, mais qui reste uniquement parce qu’il se sent attaché à Rey, la première personne l’ayant jamais traité comme un être humain. Certes, quand il fait face à Kylo Ren avec le sabre-laser de Luke, il fait un pas décisif vers l’héroïsme, mais ce n’est qu’un premier pas, pas encore suffisant : quand il se réveille au début de Last Jedi la première chose dont il s’enquiert auprès de Poe, c’est de savoir où est Rey, il n’a que faire de la situation « géopolitique. »

 

Poe Dameron

« The best freaking pilot of the Galaxy. » Il a un droid qui vole la vedette partout où il passe. C’est à peu près tout. Il faut bien l’avouer, dans cet épisode VII, il est quand même un personnage très mineur.

 

 

Kylo Ren

Lui, il évolue pas mal. Le fils de deux héros, tombé du côté obscur, lutte tout le film contre la tentation du Côté Clair. Il n’en finit pas de faire sa crise d’adolescence à cause de ça. Il résiste finalement à la tentation en tuant le père, littéralement.

Et les anciens héros ? Ils ont tous régressé d’une façon où d’une autre.

Tous les trois finissent Return of the Jedi héros de la République, super stars de la Galaxie ou presque. Qu’en est-il 30 ans plus tard ?

Han Solo

Il est redevenu contrebandier minable. Pire, il a perdu le vaisseau qui faisait sa fierté et je pense une partie de sa réputation. Certes, il redevient un héros une dernière fois, mais il y perd la vie des mains de son propre fils.

Leia

30 ans après, on s’attendrait qu’elle soit au moins au gouvernement, voire qu’elle ait succédé à Mon Mothma à la tête de la République. Non. A la place, elle dirige un groupe de survivalistes nostalgiques de la guerre civile du fond d’une grotte sombre et humide. Oui, je sais, je force un peu le trait, mais vous voyez ce que je veux dire. Il y a aussi la blessure indélébile de la perte de son fils.

Luke

Une légende vivante, le premier Jedi de la nouvelle génération, qui a fait s’effondrer l’Empire, presque à lui tout seul. Il est devenu le dernier Jedi. Un ermite coupé du monde, non pas comme Obi-Wan ou Yoda qui eux protégeaient quelque chose, avaient une mission. Non, juste un homme brisé, misanthrope, ayant échoué et attendant juste la mort.

 

Et que leur arrive-t-il à ces gens-là dans The Last Jedi?

Rey

Elle se cherche longtemps, mais finalement se trouve. Elle sait enfin qui elle était (personne) et surtout elle sait qui elle veut devenir. Elle ne sombrera pas du Côté Obscur, sauvera ce qu’il reste de la Résistance et devient le premier « Neo-Jedi » (j’essaierai de parler dans un futur post de ce qu’elle devient exactement).

 

 

Finn

On le retrouve au début du film là où on l’avait laissé. Il ne s’intéresse qu’à Rey et quand les choses commencent à vraiment sentir le roussi, il essaie de faire ce qu’il voulait déjà faire dans l’épisode précédent : partir loin, très loin, tant pis pour les autres. Mais la culpabilité et la rencontre d’une autre personne (Rose, que je soupçonne devenir importante dans l’épisode IX) lui font donner un dernier coup de main en attendant de retrouver Rey et/ou de pouvoir se casser pour de bon. Mais en chemin, il découvre ce à quoi ressemblent les mondes qui ne sont pas en guerre, là où il voudrait bien disparaître. Et il découvre le monde des profiteurs de guerre, qui font leur fortune et fondent leur style de vie sur l’exploitation d’autrui, que ce soit ceux se battant dans la guerre, ou les pauvres et les faibles. Il rencontre aussi le personnage de DJ qui se contrefiche du sort de la Galaxie et ne s’intéresse qu’à sa pomme. Il est celui que Han Solo serait devenu s’il n’avait pas culpabilisé après avoir quitté Yavin et fait faire demi-tour au Millenium Falcon à l’approche de l’Étoile de la Mort. Il est celui que Finn deviendra s’il abandonne la Résistance : un opportuniste, profiteur. Le message est simple et clair : quand il y a oppression, celui qui veut rester en dehors de tout ça est forcément plus ou moins directement du côté de l’oppresseur. Bien aidé par ces révélations, Finn aussi, tout comme Kylo Ren, met fin à son conflit interne en tuant le père (figurativement cette fois-ci : son « père » étant Phasma), et devient enfin un vrai héros quand il se sacrifie pour sauver la Résistance. Il ne survit uniquement parce que Rose lui sauve la vie. Elle était déjà son catalyseur, son « moral compass » sans elle, qui sait quelle voie il aurait choisi de suivre au final. Elle pourrait bien devenir celui de toute la Résistance. Nous verrons…

 

 

Poe Dameron

Une tête brûlée n’en faisant qu’à sa tête, il se fiche du nombre d’œufs à casser tant qu’il y aura une omelette. Il en arrive au point de se mutiner quand ses supérieurs décident de suivre une autre voie que la sienne. Mais ses échecs et le sacrifice des autres lui font enfin ouvrir les yeux et il termine le film en citant la phrase du supérieur contre qui il s’est mutiné. Ils sont « the spark, that will light the fire that will burn the First Order down. » A la fin du film, il a compris qu’il faut abandonner la gratification instantanée et mener par l’exemple, devenir un modèle pour les autres. Il est enfin prêt à devenir l’un des leaders de la Résistance, au moment où elle en a le plus besoin.

 

Kylo Ren

Il pensait que tuer son père l’aiderait à complètement basculer du côté obscur, mais en fait ce patricide le hante presque au point de le pousser à chercher la rédemption. Mais il résiste, tue son nouveau « père » ce qui cimente enfin son basculement vers le Côté Obscur. Il arrive même à sortir de l’ombre de son idole, Darth Vader. La destruction du masque est intéressante. Certes il le fait sur ordre de Snoke, mais c’est la colère engendrée par cet ordre qui lui donne l’énergie et la volonté de s’affranchir de son idole (Vader) et de mentor (Snoke). En conséquence, il réussit là où Vader avait échoué : il est maintenant à la tête du Premier Ordre et il s’apprête à régner sur la Galaxie.

 

 

Leia

Elle n’évolue certes pas beaucoup, mais elle n’a plus à le faire. Au contraire, la destruction de la République fait d’elle, le nouveau leader des « gentils ». Elle est maintenant le roc qui maintient ensemble ce qu’il reste de la résistance. Une allégorie vivante des valeurs pour lesquelles il faut se battre. Une évolution à ce stade-là serait contre-productive.
D’ailleurs, je suis content que son histoire n’ait pas été changée à cause de la mort de Carrie Fisher. On ne pouvait pas lui rendre plus bel hommage que cette fin.
(Quid de l’épisode IX? J’imagine que Leia sera morte dans son lit et devenue le symbole de ce pour quoi l’on se bat. Honnêtement, c’est la meilleure fin possible pour Leia, celle qui aurait été « logique » même si Carrie était toujours de ce monde. Notez aussi que hier était le premier anniversaire de sa disparition, c’est un peu aussi pour cela que j’ai choisi ce jour pour aller la revoir au cinéma. Instant touchant, une jeune femme s’était déguisée en Princesse Leia dans le cinéma).

 

 

Terminons par

Luke

Comme je disais quelques paragraphes plus haut, il est un homme brisé. Il a échoué, il ne s’en remet pas. Il s’est fermé à la Force. Mais sa rencontre avec Rey lui fait réaliser (avec l’aide de Yoda) qu’il est temps de certes faire table rase du passé, mais aussi utiliser tous ces échecs (celui des Jedi 50 ans plus tôt, et les siens ensuite) comme des leçons pour le futur. Il ne sert à rien de vouloir reconstituer le passé, que ce soit un nouvel ordre Jedi, une nouvelle république, des nouveaux films suivant les recettes des anciens (oups, je digresse, ce sera aussi pour un autre post espérons-le), mais il faut l’utiliser pour en tirer les leçons nécessaires qui permettront de fonder le futur. A partir de ce moment, Luke peut évoluer une dernière fois, une espèce d’évolution alternative et très intéressante. Quand il « arrive » sur Crait, il est différent . Bien rasé, bien coiffé, il paraît plus jeune. Son vêtement est une synthèse de celui qu’il porte sur Ahch-To et de celui qu’il portait dans Return of the Jedi. Il devient enfin – en ayant accepté ses échecs et les dépassant – le maître Jedi qui aurait peut-être dû être si Ben Solo n’avait pas été séduit par le Côté Obscur. Par son sacrifice, il sauve la Résistance, et peut rejoindre totalement la Force et avec elle et ses anciens maîtres, finalement en paix avec lui-même et avec la Force.

 

Voila, c’est tout pour aujourd’hui. Plus tard, autre chose. Ou pas…

 

(credits : il va sans dire que les photos appartiennent à Lucasfilm et que je ne les utilise que pour illustrer mon article).

 

Gator

Parfois, je suis gentil, parfois, je ne le suis pas.

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