Élever des scarabées-rhinocéros japonais

 

Je me suis lancé dans l’élevage de scarabées-rhinocéros japonais !

Ne me demandez pas comment c’est arrivé, je n’en suis pas trop sûr moi-même. Certainement une combinaison de plusieurs éléments tels que :

  • C’est l’été, j’ai pas de vacances, donc j’ai envie de m’essayer à un nouvel hobby, après tout, c’est pas comme si j’avais le temps de me mettre à faire quelque chose de nouveau, vu que j’ai déjà pas le temps de faire tout le reste.
  • Je veux que ma fille n’ait pas peur des insectes (oui c’est important pour moi), donc autant commencer à l’habituer le plus tôt possible.
  • Ça me broute de ne plus avoir d’animaux familiers depuis bientôt trois ans, mais voila, j’ai pas droit à certains dans mon appartement (chiens, chats, chevaux, lions, etc.) et les autres, ceux qui prennent moins de place et laissent traîner moins de poils (poissons, petits mammifères, reptiles, etc.), il ne serait pas raisonnable d’en posséder en même temps qu’un enfant en bas âge : c’est la recette parfaite pour une catastrophe (soit pour elle, soit pour eux, selon le cas). Mais quand je suis tombé sur les scarabées au magasin d’animaux l’autre jour, je me suis que ça devrait le faire.

 

Et c’est ainsi que tout cela a commencé.

Pourquoi est-ce que je vous en parle ici ?

Essentiellement parce que lors de mes recherches en ligne sur la chose, je n’ai pratiquement rien trouvé d’intéressant et ni d’utile en français (et pas grand chose en anglais non plus), donc ce ne serait pas un mal s’il y en avait au moins un peu. Si ça peut rendre service à quelqu’un… Vous me connaissez : dès qu’il s’agit de rendre service…

Mais avant d’aller plus loin, de quel animal parlons-nous exactement ici au juste ?

En français, il s’appelle scarabée-rhinocéros japonais (même si on en trouve aussi ailleurs en Asie), en scientifique, il a le privilège de posséder deux noms : Allomyrina dichotoma et Trypoxylus dichotomus (pourquoi ? aucune idée) et en japonais : kabutomushi (littéralement : « insecte casque », parce qu’il fait vaguement penser aux décorations des casques de certains samouraïs dans le temps).

Et à quoi ça ressemble ?

À ça :

 

Terrarium pour scarabée rhinocéros - 20

 

Dans ce post, et de futurs, je vais donc vous détailler comment élever des scarabées-rhinocéros japonais, avec un twist : habituellement, sur le web, quand vous lisez un article sur comment faire ceci ou cela, c’est un expert (ou quelqu’un qui prétend l’être) qui vous parle et il vous donne la méthode parfaite pour avoir une vie pleine de succès, d’argent et de filles faciles… Ici… Pas exactement…

Le truc est que je me lance un peu à l’aveuglette dans la chose. Comme je disais plus haut, il n’y a que peu ou pas de documentation en français ou en anglais (et je ne lis pas le japonais). J’ai bien reçu des conseils d’une personne en élevant depuis cinq ans, mais c’est à peu près tout.

Donc, je vous avertis, des erreurs vont être commises (ça commence dans quelques lignes), des conneries seront faites, des animaux mourront peut-être (comme si j’avais pas déjà le PETA assez sur le dos comme ça), mais ne l’oubliez jamais : il y a toujours des leçons à tirer des faux-pas que l’on fait, c’est le but ici.

Commençons donc par le commencement :

 

L’installation du terrarium

Je l’avais lu à plusieurs endroits : l’élevage de scarabées-rhinocéros japonais est relativement facile (c’est pour cela que mon choix s’est porté sur eux – ça et le fait qu’un terrarium renversé se règle en général à coup d’aspirateur, alors qu’un aquarium renversé, c’est une autre histoire). Une fois me décision prise, je suis allé à la boutique du coin, et j’ai acheté à peu près tout ce qui m’est tombé sous la main avec un dessin de scarabée dessus.

À commencer par le terrarium lui-même. J’ai pris le plus gros disponible, cinq litres environ. Est-ce assez ? Aucune idée, mais si c’est le plus gros, ça doit l’être non ?

Ensuite, on commence à le remplir :

 

Terrarium pour scarabée rhinocéros -

En « sous-couche » du gel absorbeur d’eau qui permettra de garder le sol toujours humide. Les scarabées-rhinocéros japonais ont besoin d’humidité, en particulier si j’espère qu’ils se reproduisent. Je l’espère.

 

Puis on prépare le sol :

Terrarium pour scarabée rhinocéros - 02

En marron, le sol, composé essentiellement d’une espèce de grosse sciure. En noir, du charbon de bois, pour absorber mauvaises odeurs et le reste. En gris, des granulés anti-parasites.

 

Et puis de l’eau.

 

Terrarium pour scarabée rhinocéros - 03

 

Terrarium pour scarabée rhinocéros - 04

Cette petite bûche de bois (que l’on trempera environ cinq heures dans l’eau auparavant pour qu’elle s’en gorge) va être enterrée dans le terrarium et servira à deux choses : aider à maintenir le sol humide, à nourrir les larves après leurs naissances.

 

On rajoute quelques écorces pour que les scarabées puissent agripper, une écuelle et le tour est presque joué.

 

À propos de l’écuelle, je l’avais à l’origine choisie en plastique pour qu’elle soit plus facile à nettoyer, mais en fait on parle de scarabées ici, pas de chiens ou autres, donc il n’y a pas vraiment besoin de la nettoyer (en fait, si, il se trouve qu’elle est bien plus salissante qu’une écuelle en bois), et puis surtout elle est bien trop légère et se fera renverser assez régulièrement.

 

Je réalisai soudain ma première erreur : j’avais mis beaucoup trop d’eau dans le sol et/ou j’avais préjugé de la capacité d’absorption du gel en question (étant déjà sous forme de gel, il contenait donc déjà pas mal d’eau).

Après un rapide saut au magasin du coin, je suis revenu avec un autre type de sol, plus proche du terreau, et j’ai remplacé une partie du sol original par celui-ci. J’en ai aussi profité pour rajouter quelques petites branches :

 

 

Voila, mon terrarium était prêt, il n’avais plus qu’à accueillir ses pensionnaires. Ils avaient tout pour être heureux (ou pas).

J’ai donc acheté un couple de scarabées-rhinocéros japonais, à peine sortis de leur état de nymphes (je les avais repérés plusieurs jours auparavant, espérais les acheter dans cet état-là, mais n’ayant pas eu le temps de préparer le terrarium à temps (oui, c’est pas tout ça, mais je bosse aussi), ils étaient sortis de leur état de chrysalide peu de temps auparavant. Très peu de temps, le mâle avait encore son exuvie sur la corne ; c’est d’ailleurs la réponse à ma devinette d’il y a quelques jours. Ils étaient donc prêts à passer leur vie d’adultes dans leur nouvelle demeure.

 

Terrarium pour scarabée rhinocéros - 10
Monsieur

 

Leur ancienne étant un pot de terre et de bois mort d’environ un litre, ils y gagnaient au change. Mais pourtant, c’était pas trop ça.

 

Terrarium pour scarabée rhinocéros - 11
Madame

 

Déjà, l’un et l’autre essayaient régulièrement de s’envoler. Bon pourquoi pas, après tout ce sont des insectes volants. Mais là, c’était assez souvent quand même.

Et puis monsieur était quand même très agressif avec madame. Au point que si vous êtes un poil féministe, je vous déconseille d’élever de telles bêtes. Déjà les tentatives d’accouplements (réussies ou non ? pas encore sûr) sont tout simplement des viols (oui bon comme beaucoup d’espèce animales me direz-vous, surtout chez les invertébrés), mais comme si cela ne suffisait pas, le mâle se permettait aussi de mettre quelques roustes à la femelle pour des raisons qui m’échappent, mais que je suspecte être d’origines territoriales. Le truc, c’est que le mâle est « équipé » pour le combat (en général contre d’autres mâles), la femelle non (heureusement qu’elle a la peau dure, littéralement). C’était pas toujours très plaisant à voir.

 

 

Même sans avoir jamais élevé de scarabées-rhinocéros japonais auparavant, j’ai assez d’expérience avec pas mal d’animaux différents pour comprendre que quelque chose clochait. En fait, on pourrait presque les comparer à des poissons. Quand un poisson essaie de sortir de son aquarium, cela signifie en général qu’il y a un problème avec son environnement (le plus souvent l’acidité de l’eau), donc si des scarabées connus pour être élevés en captivité fréquemment et sans trop de problème essaient presque en permanence de s’envoler c’est très probablement aussi parce que leur environnement cloche.

L’agression presque permanente du mâle envers la femelle m’interpella aussi un peu. Certes ces bêtes-là ne sont pas forcément des tendres, encore moins des sentimentaux, mais bon, si les mâles attaquent les femelles ainsi, je ne donne pas cher de la survie de l’espèce. Et puis j’ai pensé aux bettas (connus aussi sous le nom de combattants, ça vous pose l’animal) : les mâles non plus ne sont pas des tendres et ils ont tendance à attaquer les femelles en captivité tout simplement parce que celles-ci non nulle part où aller (dans la nature, mâles et femelles ne se rencontrent que pour s’accoupler) avant ou après l’accouplement.

Bref, le manque de place devait certainement être la cause principale de tout cela.

Il fallait prendre une décision.

Je suis donc allé dans un autre magasin et ai acheté un terrarium plus grand (de 15-20 litres cette fois-ci).

J’en ai profité pour faire quelques ajustements : deux mangeoires en bois, un lit de feuilles mortes en plus des écorces et des brindilles. Le tout en plus de rendre leur environnement plus « naturel » permettra à la femelle de trouver des endroits où se planquer,et par la même occasion calmer l’agressivité du mâle (comme des poissons je vous dis : dès qu’ils ne voient plus la cible de leur agression, ils redeviennent calmes et affables au point de ne plus vouloir attaquer leur victime au fur et à mesure). L’autre avantage, c’est que plus il y a d’éléments naturels couvrant le sol, plus celui-ci gardera son humidité, et par ces températures, c’est pas du luxe.

À ce propos, j’ai la chance de vivre dans un pays où on trouve en magasin tout ce dont on pourrait avoir besoin pour élever des scarabées, même des feuilles mortes en sachets (ce qui est bien pratique quand on a pas trop le temps d’aller se promener en forêt pour aller en ramasser). Si ce n’est pas votre cas, bien évidemment, n’importe quelle brindille, écorce ou feuille morte trouvée dans la nature peut faire l’affaire, mais attention aux parasites divers et variés qui les peuplent. Donc si vous décidez d’aller vous fournir dans la nature, un conseil : passez vos morceaux de bois et vos feuilles mortes quelques minutes au micro-ondes (ou quelques heures au congélateur) auparavant pour tuer tout intrus pouvant y loger.

Ah oui, en ce qui concerne la nourriture, vous avez vu que je les nourris de petits récipients contenant de la gelée pour scarabées. Si vous n’en trouvez pas, une rondelle de banane fera l’affaire. Évitez fruits acides par contre.

Donc après toutes ces modifications, leur nouveau terrarium ressemble à ça :

 

Terrarium pour scarabée rhinocéros - 18

 

Le premier soir, c’était pas encore trop ça (ah oui, les scarabées-rhinocéros japonais sont nocturnes), quelques tentatives d’envol, le mâle a encore mis une raclée à la femelle (elle voulait manger à ses côtés, ça lui apprendra à vouloir être romantique) ; mais depuis tout va beaucoup mieux.

Ils sont tous deux beaucoup plus calmes et posés, ils arrivent à se côtoyer sans que ça dégénère. J’ai même surpris la femelle en train de pousser le mâle qui était sur sa route sans que ce dernier ne réagisse, et il y a quelques minutes, je me demande s’ils ont pas failli s’accoupler avec accord de madame. Mais comme un imbécile, j’ai sorti mon appareil-photo pour immortaliser cet instant, et ça les a coupés dans leur élan… Ça m’apprendra…

 

Terrarium pour scarabée rhinocéros - 19

 

Voila, c’est à peu près tout pour mon introduction à l’élevage des scarabées-rhinocéros japonais. À très bientôt pour de futurs épisodes de la chose…

 

Terrarium pour scarabée rhinocéros - 17

 

 

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