Et Google+ ? Ça marche comment en fait ?

Après mon article sur Twitter, on m’a demandé de vous parler aussi de Google+ (pour Facebook, vous vous démerderez par contre).

google-plus-logo

Google+ est sorti depuis environ un mois et demi. J’ai eu la chance de recevoir une invitation dès les premiers jours (c’est parce que je connais quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît Larry Page) et je dois vous avouer que j’ai passé une bonne partie de ce mois et demi à voir ce que je pouvais en faire.

Mais malgré la croissance phénoménale du réseau en seulement un mois et demi (déjà plus de 25 millions d’utilisateurs, ça sert d’avoir Google dans le nom quand on veut lancer un nouveau produit), j’entends plus ou moins à droite à gauche des gens qui ne s’y intéressent pas, je veux dire : des utilisateurs de réseaux sociaux (mon père non plus ne s’y intéresse pas, mais c’est moins surprenant : Internet, il s’en fout). J’entends des gens qui disent qu’un réseau social en plus, c’est de trop. D’autres qui disent que c’est comme Facebook, donc, ils n’en voient pas vraiment l’intérêt. Il y en a aussi qui aimeraient bien y jeter un coup d’œil, mais qui n’ont toujours pas reçu d’invitation (après tout, et malgré ces 25 millions de personnes, Google+ n’est toujours pas sorti “officiellement”).
Pour ces derniers, sachez que j’ai des invites pour vous, donc, si vous connaissez déjà ma véritable identité faites-moi signe. Pour les autres, désolé, mais je ne suis pas encore prêt à révéler qu’en fait, je m’appelle Peter Parker.

Pour les autres, laissez-moi un peu vous expliquer comment fonctionne Google+, pourquoi c’est bien (bien mieux que Facebook ou Twitter) et pourquoi vous devriez essayer (et je suis convaincu que l’essayer c’est l’adopter).

Toutefois, avant de vous parler des fonctions de base de la chose, un petit avertissement :
Je vais beaucoup comparer Google+ à Facebook et Twitter dans cet article. Mais, bien qu’il ait été dit un peu partout que Google+ remplacera (ou ne remplacera pas) Facebook et Twitter, je pense que les trois peuvent coexister plus ou moins en harmonie et de manière plus ou moins complémentaire (et puis s’il y en a un qui doit se faire du souci dans l’histoire, c’est Twitter, pas Facebook). Toutefois, je ferai ces comparaisons et certains parallèles pour rendre les choses plus faciles à comprendre, car s’il est très probable que vous n’ayez encore jamais utilisé Google+, j’ose croire que vous connaissez assez bien les rouages de Facebook et de Twitter.

Et donc :

Les Fonctionnalités principales de Google+

 

En commençant par :

Cercles

La première chose que vous remarquerez quand vous vous inscrirez sur Google+, ce sont les Cercles. C’est la fonctionnalité la plus souvent mentionnée (surtout parce que c’est la seule qu’auront testée ceux qui ont passé seulement cinq minutes sur la chose avant d’aller gratter leur papier), mais je vais quand même vous en toucher deux mots, juste au cas où vous ayez eu la rare chance d’échapper à ces articles mal torchés en dix minutes parce que son rédacteur voulait être le premier à parler de la chose avant même de vraiment la connaître.

Donc, sur Facebook, vous avez des amis. De manière générale, vous pouvez voir tout ce qu’ils postent et ils peuvent voir tout ce que vous postez. Bien sûr, on peut y bloquer certaines personnes pour qu’elles ne puissent voir certains types d’infos et de partages, mais c’est vraiment pas pratique et assez lourd : si vous bloquez votre mur à quelqu’un, cette personne ne pourra rien en voir, et si vous aimeriez qu’elle voit un post en particulier sans qu’elle ne voie les autres, eh bien bon courage.

Sur Twitter, vous suivez des gens, et des gens vous suivent. Vous n’avez pas besoin de les suivre pour qu’ils vous suivent et vice-versa, bref, pas de réciprocité “obligatoire” et puis de toutes façons, tout ce que vous y postez est public, suivre quelqu’un ne fait que faciliter la lecture (et autres opérations) en rapport avec cette personne.

Dans Google+ vous encerclez les gens ! Vous les mettez dans vos cercles quoi. C’est-à-dire que vous suivez des gens (comme dans Twitter) mais vous sélectionnez aussi à quel(s) cercle(s) ils vont appartenir : Amis, Familles, Vagues Connaissances,Pays, Langue Parlée ou de tout ce que vous voulez, puisque c’est vous qui allez les créer ces cercles. Vous pouvez mettre chaque personne dans autant de cercles que vous le souhaitez et chaque cercle peut contenir un nombre illimité de personnes (en théorie… en pratique, je crois que c’est 5000).
Quand vous mettez quelqu’un dans un ou plusieurs cercles, cette personne en sera informée, mais elle ne connaîtra pas dans quel(s) cercle(s) elle aura été incluse, d’ailleurs on ne peut non plus connaître quels sont les cercles créés par une personne, leur nature reste d’ordre privée.

La chose importante à bien comprendre quand on débute avec Google+ c’est que les cercles ont une fonction double. Ils déterminent ce qui va apparaître dans vos flux, ainsi que ce que vous allez partager avec qui.
C’est une chose à garder à l’esprit quand vous créez vos cercles, sinon – et excusez d’avance mon langage – ça va être vite le bordel dans vos cercles.
Une bonne chose à faire est donc de créer des cercles pour les partages (“amis proches”, “amis moins proches”) selon le degré de public/privé que vous souhaitez donner à chaque chose publiée sur Google+, et des cercles pour la lecture (par centres d’intérêts par exemple). Par défaut, votre flux affiche les choses partagées par tous vos cercles, mais vous pouvez ensuite les filtrer grâce aux cercles justement.

Quand vous écrivez et partager quelque chose, vous pouvez sélectionner qui va pouvoir le lire. Ça va des partages “publics” que tout le monde pourra le lire, et je dis bien tout le monde, même les gens qui ne sont pas sur Google+ et qui tomberaient éventuellement dessus avec une recherche Google, jusqu’à l’individu unique, vous pouvez partager un lien, une image, un texte ou une vidéo avec une seule personne si vous le souhaitez. Entre les deux, vous pouvez choisir plusieurs degrés (tous vos cercles, seulement quelques-uns, etc.)

Gardez à l’esprit que ce procédé est inclusif et non exclusif. Vous ne pouvez pas – par exemple – choisir de partager avec tous vos cercles sauf un. Pour le faire, il vous faudra inclure un par un chaque cercle sauf celui que vous désirez exclure. Une option “exclure” serait la bienvenue à mes yeux, mais gardons à l’esprit que Google+ est encore un produit tout neuf, même pas encore lancé “officiellement” et qu’il va beaucoup évoluer entre maintenant et le moment où il aura atteint sa vitesse de croisière.

 

Hangouts (apparemment on dit Bulles en français!)

Je dois vous avouer que je n’ai pas encore utilisé cette fonctionnalité, n’étant pas très fan du medium oral sur un ordinateur. Il s’agit en fait d’une chatroom vidéo pour discuter de ce que bon vous semble. Comme pour les publications et partages, vous pouvez décider quand vous débutez un hangout s’il sera public ou bien s’il aura lieu avec un ou plusieurs cercles seulement. Ensuite, c’est plus ou moins comme une vidéo-conférence.

 

Photos

Bon, je ne pense pas que j’ai besoin d’expliquer avec beaucoup de détails ce que permet de faire cette fonctionnalité. Vous pouvez y uploader des photos, les grouper en albums et une fois de plus décider de qui peut voir quel album ou pas. Vous pouvez aussi modifier vos photos (oui bon c’est pas non plus Photoshop), les commenter, etc.
Notez que les photos seront uploadées dans votre compte Picasa (si vous n’en avez pas déjà un, il sera automatiquement créé pour l’occasion) et vous pouvez aussi choisir d’intégrer vos photos déjà sur Picasa à vos albums Google+… ou pas… C’est vous qui décidez.

 

Sparks (il paraît qu’en français c’est Déclics)

C’est une fonctionnalité que je ne vois presque jamais mentionnée ailleurs, mais que personnellement j’adore et dont je me sers intensément.
En fait, Sparks, c’est tout con, c’est des recherches Google que vous sauvegardez et qui peuvent apparaître elles aussi sous forme de flux. Ce ne sont pas exactement des recherches Google dans le sens où vous n’aurez qu’une poignée de résultats, en priorité des blogs, et en priorité des entrées très récentes de ces blogs, mais cela reste un outil très utile pour découvrir de nouveaux blogs sur des sujets qui vous intéresse ou tout simplement pour faire de la veille sur des mots-clés bien particuliers.

 

Jeux

Oui, les jeux sont arrivés sur Google+ depuis peu. Vous pouvez maintenant comparer vos performances à Angry Birds avec celles de vos amis. Un avantage non-négligeable des jeux sur Google+, c’est qu’ils ne polluent pas les flux de vos amis à chaque fois que vous y jouez (je sais pas vous, mais sur Facebook, je suis à deux doigts de perdre une amie que je connais depuis plus de 15 ans, parce qu’elle n’a toujours pas compris que ça agaçait les gens de se faire polluer par ses aventures vampiresques ou je ne sais quoi).

 

Vie Privée

De nos jours, il est beaucoup question de respect de la vie privée sur internet et Google+ doit bien sûr faire face à la chose. Il s’y prend à la fois très bien et pas si bien que ça.

– Le bien : en plus des cercles déjà mentionnés, sachez que vous pourrez déterminer qui pourra voir chaque élément de votre profil : qui est dans vos cercles, où vous vivez, qui est votre employeur et bien d’autres encore. Ainsi mes amis proches peuvent voir toutes les informations que j’ai mises sur mon profil, mais les gens que je ne connais que peu ou pas et qui sont dans mes cercles auront seulement droit aux aspects publics de ma vie.

– Le moins bien : peut-être qu’après s’être vu offrir la possibilité de contrôler son profil dans presque tous les détails, je suis devenu gâté, mais je regrette que ça n’aille pas encore plus loin. Par exemple, que l’on puisse choisir lequel des liens vers ses blogs ou sites sur son profil est public ou privé (là, on doit choisir pour tous les liens à la fois) ou de pouvoir décider non pour chaque album, mais carrément pour chaque photo si elles sont publiques, semi-publiques ou privées. Mais peut-être que mes souhaits seront exaucés dans le futur, qui sait ?

– Le hic : vous en avez peut-être déjà entendu parler, mais une polémique fait rage en ce moment sur le web à propos de la décision de Google de n’accepter que les “vrais noms” sur Google+.
Et même si je suis un des premiers touchés par la chose (et j’ai préféré suspendre mon profil moi-même avant de me le faire suspendre par Google, reste mon profil avec mon “vrai nom” mais vous comprendrez que je ne mette pas le lien ici) je comprends leur point de vue, même si la mise en application est parfois un peu draconienne.
D’un côté, il est clair que si tout le monde est là sous son vrai nom, le spam, le harcèlement et les trolls seront moins fréquents. Google+ est un nouveau produit, et comme tous les réseaux sociaux, une fois qu’il est lâché dans la nature, l’inventeur du produit n’a plus qu’un contrôle très relatif sur l’atmosphère, le ton et l’ambiance qui aura majoritairement cours dans le lieu.
Imposer les vrais noms au début (quitte à être plus laxiste dans le futur) permet aussi d’imposer un certain ton dès le début.

Pour ceux d’entre vous qui se souviennent de MySpace, vous devez voir de quoi je veux parler. Souvenez-vous qu’à une époque pourtant pas si lointaine, MySpace était le réseau social numéro un et beaucoup de monde pensait qu’il était indétrônable. Puis Facebook, jusqu’alors réservé à quelques cercles sociaux (universités américaines, grosses entreprises hi-tech, etc) a été ouvert à tout le monde. Souvenez-vous qu’à l’époque, Facebook avait beaucoup moins de fonctionnalités qu’aujourd’hui et que MySpace qui était un bien meilleur produit dans l’absolu.

Mais voilà, MySpace c’était aussi un beau bordel. Et je ne parle pas que des profils horribles pleins de gifs animés. Personnellement, j’étais ami avec Voltaire et Jésus dessus, si vous voyez ce que je veux dire.

Je reste persuadé que si Facebook a fini par prendre le dessus, c’est que bientôt, les gens se sont lassés de ce grand n’importe quoi qu’était MySpace et ont préféré ce site plus propre sur lui où l’on communiquait avec ses vrais amis et contacts. Un réseau social qui avait un look et une ambiance un peu plus adultes et sérieux que cette auberge espagnole de MySpace.

Et je comprends que Google+ préfère s’inspirer de Facebook plutôt que de MySpace dans le domaine.

D’un autre côté, il est vrai que la mise en application de la politique du “vrai nom” est des plus foireuses. Voir son profil se faire fermer sans avertissement, c’est limite (mais Google a retenu la leçon, ça a changé depuis peu, maintenant on a une période de quelques jours pour changer son nom avant que le profil ne soit effectivement fermé). Le problème est pire quand des gens dont le vrai nom à l’air bizarre se sont vu être blacklistés sans raison autre qu’une suspicion un peu trop forte de la part de la “police des vrais noms de Google”.

Mais bon, il faut avouer qu’à part le cas de ces derniers infortunés, cette politique des vrais noms est assez facile à contourner, il suffit de mettre un faux nom qui a l’air vrai. D’ailleurs à bien y regarder j’ai pas mal de monde dans mes cercles dont c’est le cas.
Et si vous voulez que vos amis puissent vous retrouver, créer un profil sous son vrai nom n’est peut-être pas exactement une mauvaise idée. Si ?

Quant à ceux d’entre vous qui s’inquiètent que “quelqu’un” (patron, ex-mari, grand-mère) trouvent des choses que vous ne souhaiteriez pas qu’ils trouvent, personnellement, j’ai une règle d’or sur le web : si je ne suis pas prêt à le montrer ou à le dire à une personne prise au hasard dans le rue, je ne le mets pas sur le web.
Publier des photos de soi complètement bourré et à moitié à poil sur le net, et ensuite se plaindre que la mauvaise personne les ait vues, c’est un peu donner le bâton pour se faire battre et ensuite se plaindre de s’être fait battre, non ?

Ensuite, tout est une question de choix.

Par exemple, ici, je choisis d’écrire sous un pseudonyme pour tout un tas de raisons (entre autres pour pouvoir balancer sur ceci ou cela sans que ça ne me retombe (trop) sur la gueule ensuite si le cas se présente), mais ensuite, ça implique des sacrifices. Y compris de ne pas avoir de profil D. Gator sur Google+ et donc de ne pouvoir mieux communiquer et échanger avec vous adorables lecteurs (mais bon, j’ai mon compte Twitter et mon profil Facebook pour ça).

Et puisqu’on en parle, j’ai bien un profil Facebook. Facebook qui lui fait aussi la chasse aux faux noms sauf qu’on en parle beaucoup moins (c’est pour ça que mon nom est orthographié un peu bizarrement sur Facebook). Peut-être aussi qu’on en parle moins parce que c’est moins efficace de contrôler les noms de 600 millions de profils que de le faire sur un réseau social à peine naissant.

Bref, ne perdez pas espoir si vous tenez à avoir une page avec votre pseudo, attendez juste un peu que Google+ devienne plus populaire (ça ou bien l’apparition prochaine de profils “marques” qui seront plus ou moins le pendant Google+ des pages publiques de Facebook).

Voilà. C’était les bases de Google+. Une fois encore, le produit a moins de deux mois, donc il évoluera certainement plus ou moins fortement au cours des prochains mois, et comme tout réseau social, ça sert à ce qu’on en fait même si quelques grandes lignes commencent déjà à se dégager.

Au jour d’aujourd’hui, je le vois plus comme une espèce d’hybride entre Twitter et un forum que comme un concurrent direct de Facebook. Je dirais même que les deux se complètent assez bien si on utilise Facebook avec les amis et autre connaissances plus ou moins proche et Google+ comme un lieu d’échanges plus public.

Je terminerai par un détail. Je viens de vous parler des fonctionnalités principales de Google+. Mais en fait, les fonctionnalités les plus importantes de la chose (même si elles ne lui sont pas encore directement liées), celles qui feront que Google+ sera très certainement tôt ou tard omniprésent sur le web, plus encore que Twitter et Facebook, vous les connaissez. Elles s’appellent Gmail, Blogger, Google Docs, Google Reader et consorts.
Vous ne pensiez quand même pas que c’était un hasard que les liens vers ces produits soient présents dans Google+, en haut à gauche dans la fameuse nouvelle barre noire en haut de l’écran de Google ?

 

 

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Gator

Parfois, je suis gentil, parfois, je ne le suis pas.

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1 Response

  1. Thomas says:

    Et surtout Google+ c’est pas Facebook.. 😉 C’est pour moi son plus gros point fort ! Plus sérieusement, Je suis sur google+ ( et j’étais déja pendant la Beta ) et franchement ça reste un réseau social.. Bien que j’ai un gros coups de coeur pour le système de cercle, sur facebook on est cantonné à avoir des amis, or ma famille, mes amis etc .. c’est différent, je ne post pas de photo de moi en soirée dans un état spécial en sachant que ma famille va le voire ( c’est un exemple ). Alors qu’avec google+ j’hésite nettement moins avant de poster car je cible mes interlocuteurs et ça j’aime. Par contre il y’a encre très peu de monde sur google+ .. ( en tout cas chez les -18 ans ) :/

    Remarque : WTF ?! Interdit au -18 ans ? Non mais là c’est chaud quand même Google+ m’a refusé de m’inscrire avec mon adresse mail ( où j’avais spécifié mon âge de 17 ans ) et non il me dit que je suis trop jeune. Normal 🙂 ! Qu’a cela ne tienne je me refais un comtpe gmail et je me fais un faux age, pratique pour un réseau social 😀 ( bon, ils ont peut etre changé ça maintenant mais quand même )

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