Game of Thrones

 

L’hiver est arrivé et j’ai enfin vu la série Game of Thrones… Avec trois ans de retard pour la première saison, je sais. Mais bon, vaut mieux tard que jamais et ce genre de choses.

Voici quelques unes de mes impressions. Bien entendu, ce post contient tout un tas de spoilers sur les trois premières saisons, mais n’ayant pas lu les livres, et ne connaissant que la bande-annonce de la quatrième saison (disponible depuis aujourd’hui !), aucun spoiler pour la suite. Je n’en ai pas. Je n’en veux pas (ceci s’applique aussi à tout commentaire éventuel, merci d’avance). Même si avec George R. R. Martin, de ce que j’ai vu de la série jusqu’à présent, et vu un certain nombre de memes qui circulent sur le web, j’ai cru comprendre qu’il ne vaut mieux pas trop s’attacher à quel personnage que ce soit ; au point que quand je regarde la série, je pars du principe qu’ils vont tous mourir tôt ou tard… Après tout, une série qui n’hésite pas à tuer ses mascottes (les direwolves) de temps à autres n’hésitera pas à tuer ses héros non plus (car tout le monde sait qu’il y a deux choses que l’on ne tue pas dans les séries TV : les animaux et les enfants… sauf dans Game of Thrones – quoique jusqu’à présent les enfants ont pas trop mal survécu… jusqu’à quand ?)

 

Game of Thrones Poster

 

Bon, mes impressions alors.
Bien évidemment, j’ai adoré (sinon je ne passerai pas une heure ou deux à vous en parler) au point que j’ai commis l’erreur de tout regarder en deux semaines. Certains parmi vous aiment bien tout regarder d’une série en un minimum de temps. Personnellement, j’aime bien espacer les épisodes un petit peu, pour avoir le temps de les digérer. Surtout une série aussi dense en personnages et intrigues que celle-ci. Le fait est que je voulais tout voir avant le début de la quatrième saison, je pensais qu’elle débutait en février (ce sera le 6 avril) et comme j’étais dans la maison familiale pour les fêtes avec pas grand-chose à faire de mes soirées. Les trois saisons furent donc visionnées en deux semaines.
Du coup, je ne suis pas toujours sûr de bien avoir tout assimilé. Je remarque que j’ai vraiment du mal à me souvenir du nom des personnages secondaires par exemple.

Dans le désordre :
Même si je viens de dire que je sais qu’il ne faut pas s’attacher aux personnages, ce sont en premier les personnages qui me séduisent. Le fait qu’il y en ait autant permet d’avoir un monde très étoffé, et c’est d’ailleurs une façon très originale de donner une certaine dimension à un univers. Au final, nous ne voyons que très peu de lieux différents dans Westeros (King’s Landing, Winterfell, la campagne et petits chateaux entre les deux, le Mur et au-delà du Mur) mais cette abondance de personnages, personalités, intrigues, fait de Westeros un monde riche, complexe, aux nombreuses cultures.
J’aime aussi beaucoup le fait que presqu’aucun personnage ne me laisse indifférent.
Il y a ceux que l’on aime, ceux que l’on déteste, ceux que l’on aime détester, ceux que l’on déteste aimer.

 

CS 65 Friday 22nd October 2010En haut de la liste, Tyrion Lannister. Je pense que comme beaucoup de fans, il est mon personnage préféré. Même s’il fait parti du camp des “méchants” (même si ce terme s’applique difficilement dans Game of Thrones, à part pour de rares exceptions), il est rare de voir à la télé des personnages aussi multi-dimensionnels, aussi complexes. Il pourrait être un salaud, il n’est clairement pas un héros, mais il est extrêmement attachant. Peut-être tout simplement parce qu’il est le plus humain, le plus “normal” ?

Puisque j’ai commencé avec les Lannisters, continuons avec eux.
Cersei et Jaime sont fascinants. A priori, ils sont aussi détestables l’un que l’autre. Mais il y a une fêlure, une tristesse chez Cersei qui la rend attachante, qui fait que l’on ne peut pas la détester complètement. Tout ce qu’elle fait, elle le fait simplement pour survivre dans le monde, la société et la famille dans lesquels elle est née.
Jaime est détestable au début, mais petit à petit, en particulier quand les galères commencent à s’accumuler pour lui, on commence à le plaindre. Si au début on se réjouit de le voir souffrir, au fur et à mesure, on se surprend à le plaindre. Au début, on s’en veut, on voudrait qu’il meure. Mais si on veut qu’il meure parce qu’il est un salaud, on veut quand même qu’il vive parce qu’il est un personnage fascinant. Puis au fil de ses mésaventures, on découvre que lui aussi possède de nombreuses fêlures, que lui aussi est autant une victime qu’un bourreau.
Et que dire de Tywin? Le stéréotype du chef de clan qui est un gros con ? Ce serait trop simple. Même s’il est clair qu’il n’est pas exactement une personne sympathique, ses interactions avec Arya et d’autres montrent qu’il n’est pas non plus exactement mauvais, qu’il fait ce qu’il fait pour le bien de sa famille et uniquement pour cela.
Terminons le tour des Lannisters avec Joffrey. Who else? Oui, je sais, il est un Baratheon et pas un Lannister… Mais bon, vous voyez où je veux en venir.
Avons-nous vu un personnage aussi détestable de récente mémoire ? Un peu comme si tous les défauts des pires adolescents avaient été combinés en une seule personne. S’il y a un personnage dont on souhaite la mort dans d’horrible souffrances, c’est bien lui. Mais encore une fois s’il meurt, il nous manquera terriblement. Oui, au final, je préfère le voir se faire gifler par Tyrion ou envoyer au lit (sans dessert) par Tywin que de le voir mourir.

 

House of Stark

 

Passons à l’autre clan principal de la série : les Starks.
Clairement les protagonistes, les “héros” de la série, même si leur importance va en diminuant au fur et à mesure (certainement parce que le nombre de Starks adultes encore vivants à la fin de la saison 3 est réduit à presque rien, même Winterfell n’est plus que ruines. Ironiquement, ce sont les qualités qui font d’eux des héros qui causent aussi leur perte : l’intégrité de Ned, la confiance de Robb en ses alliés, la force d’esprit de Catelyn (quoiqu’on pourrait aussi souligner qu’une certainement naïveté joue un grand rôle dans les trois cas). Restent Arya, Jon Snow et Bran, qui sont adorables tous les trois. On ne peut pas ne pas vouloir leur bien, on ne peut pas ne pas les aimer, mais ils restent quand même les plus “stéréotypés” de tous les personnages ou presque. Arya en garçon manqué aventureuse, Jon Snow en anti-héros “dark”, Bran en enfant faible mais qui a des capacités extraordinaires pour compenser.

Finissons notre tour des personnages principaux avec Daenerys. Je trouve assez intéressant le fait que son histoire soit narrée en parallèle des autres, sans qu’il y ait aucune interaction entre les deux (pour l’instant, je présuppose). Son ascension de jeune fille faible et soumise à future reine, mère de dragons et dirigeante d’une armée qui semble invincible est captivante, mais je ne peux m’empêcher de trouver que son récit avance un peu trop lentement par rapport aux autres.

En fait, je dirais que c’est ma critique principale de la série, la plupart des intrigues parallèles avancent parfois bien trop lentement. Attention, loin de moi l’idée de vouloir que tout aille vite, que tout soit révélé en quelques épisodes (j’ai toujours été plus fan de Lost que de 24), mais le fait est qu’il se passe près de deux saisons – et pas énormément de trucs pour lui – entre l’évasion de Jaime Lannister et son retour à King’s Landing. Et que dire de Theon qui passe une saison entière à se faire torturer ? Une véritable torture effectivement, mais pour le spectateur. Je ne sais pas vous, mais si les malheurs de Jaime sont au bout du compte intéressants, parfois même amusants, j’ai perdu à peu près tout intérêt dans le personnage de Theon peu après sa trahison, et s’il doit survivre, je pense que son calvaire aurait pu durer un total de deux ou trois minutes dans un épisode ou deux. S’il doit mourir, que quelqu’un le tue par pitié qu’on en finisse. Mais faire durer son supplice et le nôtre de la sorte me semble un peu vain.

L’autre critique que je ferai, même si je comprends qu’une série TV, même sur HBO n’a pas le même budget qu’un film hollywoodien, c’est qu’il est un peu frustrant de savoir qu’il y a une énorme guerre qui fait rage et de n’en voir aucune bataille. La seule à laquelle nous avons eu droit fut l’attaque échouée de King’s Landing par Stannis Baratheon, mais par moments, je ne pouvais m’empêcher de penser qu’elle n’impliquait que quelques dizaines de soldats tout au plus. Mais je comprends que c’est assez inévitable tant que le budget et (peut-être surtout) les délais de production sont ce qu’ils sont, c’est-à-dire pas ceux d’un film.

Mais bon, ne boudons pas notre plaisir, cette série est une vraie réussite avec des intrigues passionnantes, des personnages principaux et secondaires qui sont parfois de vrais petits bijoux d’écriture (comment n’ai-je donc pas parlé de Varys et de Petyr Baelish?), et une qualité de production qui est aussi bonne, voire meilleure que bien des choses projettées habituellement sur des écrans de cinéma.

Si le temps me le permet, j’en parlerai un peu plus lors de la diffusion de la saison 4, et pour nous faire patienter, voici la bande-annonce :

 

 

 

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Gator

Parfois, je suis gentil, parfois, je ne le suis pas.

Gator

Parfois, je suis gentil, parfois, je ne le suis pas.

4 Responses

  1. Emlyn says:

    Concernant Joffrey, si je devais résumer ce personnage en une seule formule, je dirais que c’est Nellie Oleson à qui on aurait donner droit de vie et de mort sur ses camarades de classe.

    Pour Tyrion, il est ce que j’aime le plus dans les fictions: un gentil qui utilise des méthodes de méchants.

    Enfin, je trouve le personnage de Tywin absolument fascinant et je ne m’étonne pas que l’acteur ai été repris pour jouer le rôle du Patricien dans l’adaptation TV des Anales du Disque-Monde, c’est exactement le même genre de tyran froid et calculateur. Ce qui m’impressionne le plus chez lui c’est qu’il démontre que même dans un univers médiéval-fantastique il n’est pas nécessaire de savoir lancer des boules de feu pour exercer le pouvoir, c’est avant tout une question de moyens, d’intelligence et de tempérament.

    • D. Gator says:

      Bien vu pour Joffrey. Il est quand même un peu plus sociopathe qu’elle (ça doit être la consanguinité… quoique je me suis toujours demandé à propos des parents de Nellie Oleson, ils se ressemblaient beaucoup non ?)

      Si j’aime beaucoup Charles Dance, j’ai l’impression qu’il est souvent typecasté dans les rôles de mecs haut-placés et pas commodes quand même.

  2. Emlyn says:

    Autre personnage qui m’a impressionné (à mettre en parallèle avec Tywin): Olenna Tyrell, à nouveau une incarnation fascinante d’intelligence politique. Sans oublier que je suis tomber sur le cul en prenant conscience qu’elle était jouée par Diana Rigg (qui restera toujours Emma Peel dans mon esprit).

    • D. Gator says:

      Oui, Olenna Tyrell est un personnage fascinant. Très franche, mais en même temps, on sait jamais ce qu’elle pense vraiment : est-elle en train de vous donner des conseils ou de vous manipuler ?
      J’espère qu’on va la voir de plus en plus dans la quatrième saison.
      Et oui, ça fait bizarre quand on apprend que c’est Diana Rigg (elle me semblait étrangement familière, mais je n’arrivais pas à mettre le doigt sur le fin mot de l’histoire, jusqu’à ce que je vois son nom au générique)

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